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Numérique éducatif : des outils au service de la formation

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La crise sanitaire a révélé l’utilité des outils pédagogiques numériques pour assurer la continuité de l'enseignement. Les cantonner à cette seule fonction serait cependant réducteur. Ils possèdent également un réel intérêt pédagogique intrinsèque.

Il est des secteurs où l’intérêt du numérique ne pose pas vraiment question : la formation des pilotes, par exemple. Pour des questions de coût comme de sécurité, on ne s’étonne guère qu’elle soit pour partie assurée via des simulateurs qui permettent de se familiariser avec des procédures de vol ou de se confronter à des situations d’urgence. Dans le même ordre d’idée, Aérocampus à Latresne (33) forme ses techniciens sur des simulateurs de maintenance. Ils y apprennent à contrôler des systèmes, notamment ceux des A320, à les dépanner… Bref, à développer des réflexes nécessaires à l’inspection d’un véritable aéronef.

De la soudure aux soins infirmiers

D’autres filières d’apprentissage utilisent fréquemment des outils numériques. Au lycée Jean-Moulin de Thouars (79), on se forme à la soudure en réalité virtuelle. Les élèves peuvent ainsi répéter les exercices autant que nécessaire, sans utiliser de consommables et sans prendre de risques, avant de se confronter aux situations réelles. À Poitiers, le lycée Saint-Jacques-de- Compostelle prépare quant à lui au bac pro Procédés de la chimie et de l’eau. Les futurs diplômés travailleront dans les industries chimiques, pharmaceutiques, cosmétiques ou pétrolières, et doivent apprendre à réaliser des manipulations de matières dangereuses. Pour les y entraîner, l’établissement propose des cours pratiques réalisés avec un « jumeau numérique », c’est-à-dire la réplique d’un process en réalité virtuelle. Une fois familiarisés avec certaines situations sensibles, ils peuvent passer aux travaux pratiques.

Immersion

L’industrie n’est pas le seul secteur utilisant des environnements virtuels pour s’exercer. Les instituts de formation en soins infirmiers de la Région sont, depuis peu, équipés de simulateurs. Ils permettent aux étudiants de se glisser dans la peau d’un soignant pour expérimenter des procédures délicates, comme la pose d’une transfusion sanguine. Autre exemple, cette fois dans le secteur agricole : la société Grégoire, implantée à Cognac (16), est l’un des leaders mondiaux de la fabrication de machines à vendanger. Elle construit un simulateur de conduite en réalité virtuelle. Pour le créer, elle s’est associée à l’école de conduite d’engins Agri Cap Conduite, au développeur de jeux vidéo Shinypix et au spécialiste des simulateurs en réalité virtuelle Studio Nyx. Leur volonté commune : améliorer la formation des conducteurs d’engins, limiter les risques d’accidents dans les vignes et sur la route, mais aussi promouvoir un métier qui peine à recruter.

Expérimentations

Au-delà de l’enseignement technique, des outils sont également destinés à l’enseignement général, tel Mathia, un assistant vocal intelligent visant à faciliter l’apprentissage des mathématiques en cycle 2 (CP, CE1, CE2). Développé par une entreprise paloise, Mathia permet notamment de visualiser des concepts mathématiques en deux ou trois dimensions grâce à des hologrammes. L’assistant apportera aussi à chaque élève une aide personnalisée en analysant sa progression et pourra aider l’enseignant à organiser des activités collaboratives.

Pour faciliter l’émergence de nouvelles expérimentations, la Région vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt et un appel à projets. Objectif : rapprocher les mondes professionnels et éducatifs en associant leurs compétences à celles de porteurs de projets numériques.

Encourageons aujourd'hui, réussissons demain