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Bâtir le monde de demain au CFA d'Anglet (64)

Modifié le mercredi 19 août 2026

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A Anglet, le Centre de formation des apprentis (CFA) des Compagnons du Tour de France connaît un essor spectaculaire depuis 2008. Il attire 800 apprenants de tous horizons, en quête de sens, de savoir-faire et d’avenir.

CFA d'Anglet
Crédit photo Olivier Panier des Touches
CFA d'Anglet
Crédit photo Olivier Panier des Touches

« Quand j’entends dire que les jeunes ne veulent plus travailler… c’est faux ! », s’insurge Jean-René Dithurbide. « Nous en avons 650 ici, inscrits dans le temps long de l’apprentissage, guidés par la passion et le goût de l’effort », se réjouit le jeune retraité. Durant plusieurs décennies, l’ex-directeur du Centre de formation des Compagnons du Tour de France a vu grossir un centre installé depuis les années 1970 sur la commune d’Anglet. Du premier hangar, situé dans le quartier de Montbrun, à la future extension du site actuel de Juzan, l’évolution de la structure reflète la réussite d’une formation à part, celle des Compagnons, sur le territoire des Pyrénées-Atlantiques.

Aujourd’hui, 800 apprenants suivent les cycles de formation (650 apprentis et 150 salariés ou demandeurs d’emploi) sur les sites d’Anglet et de Lons. Ainsi, le Centre de formation des apprentis (CFA) du département est le plus gros de la Fédération compagnonnique, devançant même celui de Lyon. Pourtant, en 2008, lors de la création du CFA, seuls 28 apprentis sont inscrits. « Il y a eu un vrai alignement des planètes avec la confiance des partenaires, les besoins des entreprises, le dynamisme du territoire, la réforme de l’apprentissage, et le fait que la Région Nouvelle-Aquitaine avait déjà mis le paquet sur l’apprentissage bien avant la réforme nationale ». 
 

Rendre les choses possibles

CFA d'Anglet
Crédit photo Olivier Panier des Touches

L’engouement ne se dément pas. « Chaque année, c’est toujours plus. Là où ailleurs des sections comme la maçonnerie sont en déperdition, ici nous faisons le plein », se félicite Anthony Lizandier. Depuis dix ans dans la maison, le jeune homme a pris la direction après le départ en retraite de son collègue. Après les deux journées portes ouvertes de janvier et avril, chaque année, le CFA affiche complet dès la mi-avril. Carreleur, peintre, maçon, menuisier fabricant, menuisier installateur, charpentier, construction bois, couvreur zingueur, métallier, bureau d’études ou pâtissier, chaque jeune (ou moins jeune) intègre un de ces métiers. « Nous avons des apprenants de 15 ans comme de 50 ans, cette mixité des âges apporte une osmose et un brassage social extraordinaire ». Un mélange des générations totalement inscrit dans l’ADN des Compagnons. Le succès du CFA d’Anglet est aussi dû à sa structuration année après année. En 2013, l’établissement accomplit un bond qualitatif avec l’installation dans son nouveau site de Juzan, situé au coeur d’un écosystème dédié à la construction. Parmi ses arguments majeurs figure aussi son foyer de jeunes travailleurs comprenant 72 lits. 
« C’est primordial pour pouvoir accueillir des jeunes de l’intérieur du Pays basque. Avec nous, ils trouvent la formation, l’hébergement et la restauration. On rend les choses possibles », s’enthousiasme le nouveau directeur depuis avril 2026. 

Une nouvelle dimension

La Région Nouvelle-Aquitaine a participé au financement de la construction du CFA comme du foyer d’hébergement. Elle soutient également le projet d’extension, au budget total de près de 9 millions d’euros, visant à ajouter 3 800 m² à l’immeuble existant. « Ce sera un bâtiment innovant avec mutualisation des espaces, digitalisation des salles de classe, réalité virtuelle, fab lab… », détaille Anthony Lizandier. On y trouvera même un mur d’escalade. « Certains apprenants se rendent compte sur chantier qu’ils ont le vertige. Avec cet outil, ils pourront mieux appréhender la hauteur ».

Avec ce projet, les deux hommes en sont conscients, « on entre dans une nouvelle dimension ». Une ère où il s’agit de bâtir demain tout en s’inspirant des valeurs et de la tradition compagnonnique, transmise au fil des siècles. Attirés par la notoriété de l’institution, les jeunes ont aussi besoin de repères. « Ils sont véritablement en quête de sens et ce, à tous les niveaux d’études », estime le directeur. « La notion de faire, de transformer la matière, de lui donner une fonction, un emplacement, tout cela contribue à donner du sens, à acquérir de la confiance et de la fierté », abonde son prédécesseur. « Ils peuvent se dire : j’ai contribué à faire ça ! » 

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