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Apprentissage en danger : la Région tire la sonnette d'alarme
Modifié le mardi 9 juin 2026
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Les dotations de l'État aux Régions au titre de l’apprentissage passeraient de 134 millions d'euros à 33 millions d'euros en 2026. Face à cette décision unilatérale, les élus de Nouvelle-Aquitaine s'insurgent et sont mobilisés contre une baisse de ressources qui assècherait les territoires et creuserait les inégalités.
Sommaire
Après avoir retiré aux Régions la compétence apprentissage avec la loi Pénicaud en 2018, l’État poursuit son désengagement. Pour rappel, les financements résiduels transférés aux Régions avaient déjà été divisés par deux pour 2026, passant de 268 à 134 millions d’euros. Une première baisse substantielle mettant en péril l'action des Régions françaises, qui tentent d’assurer cette mission essentielle au plus près des territoires et de leurs habitants.
Poussant toujours plus loin les logiques d'austérité centralisatrice un arbitrage gouvernemental a encore réduit cette dotation à 33 millions d’euros. Soit une baisse de 101 millions d’euros pour l’apprentissage et la formation professionnelle au niveau national en un an.
« Les élus de la Région Nouvelle-Aquitaine refusent ce recul. Nous poursuivrons notre engagement pour développer et moderniser l’apprentissage partout, au plus près des filières en tension (...). »Alain Rousset, président de la région, et Karine Desroses, vice-présidente
Lundi 8 juin à Pessac, Karine Desroses, vice-présidente de la Région Nouvelle-Aquitaine en charge de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’emploi, et plusieurs personnalités et acteurs de la formation et de l'apprentissage ont déposé symboliquement une couronne mortuaire pour dénoncer le désengagement de l’État en matière d’apprentissage. Les acteurs réunis à Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine demandent au Gouvernement de revenir sur cet arbitrage.
Les acteurs de l'apprentissage mobilisés
Cette action vise à alerter sur les conséquences de la décision gouvernementale pour les jeunes, les entreprises et les territoires. Elle intervient après la découverte par les Régions de l’ampleur du désengagement de l’Etat en matière d’apprentissage, qui se traduirait par une baisse de 88% des dotations qui leur sont destinées. L’apprentissage constitue un levier majeur d’insertion professionnelle, de développement économique et de cohésion territoriale.
Une dotation en baisse de 80%
En Nouvelle-Aquitaine, les financements attendus passeraient ainsi de 40 millions d’euros à seulement 5 millions d’euros.
Ce que finance la Région Nouvelle-Aquitaine pour l’apprentissage
Depuis la réforme de 2018, qui a recentralisé la compétence apprentissage, les Régions demeurent les principaux investisseurs dans les centres de formation d’apprentis (CFA). En Nouvelle-Aquitaine, chaque euro perçu au titre de l’apprentissage a été réinvesti dans le développement et la modernisation des équipements de formation.
Depuis le début de la mandature, en juin 2021 :
- 125 millions d’euros ont été investis dans les CFA ;
- une cinquantaine d’opérations de construction, d’extension ou de réhabilitation ont été engagées ;
- près de 1 500 équipements pédagogiques et plateaux techniques ont été financés ;
- près de 50 millions d’euros ont été consacrés au maintien et au développement de formations d’apprentissage ;
- plus de 3 000 formations ont été soutenues ;
- près de 40 000 apprentis ont bénéficié de ces investissements.
Derrière les chiffres, un choix de société
Ne plus investir dans l’apprentissage, c’est renoncer à l’ascenseur social, à la transmission des entreprises, à la cohésion territoriale, c’est assécher les territoires et notamment les territoires ruraux, c’est décourager les jeunes de choisir cette voie d’excellence et les chefs d’entreprises de recruter des jeunes.
Ce que les investissements régionaux ont rendu possible
Des équipements structurants ont été financés grâce aux fonds alloués à l’apprentissage, avec notamment :
- la construction de la tonnellerie du futur à Cognac (6 millions d’euros) ;
- le renouvellement des engins de travaux publics au CFA agricole de Venours dans la Vienne (2,4 millions d’euros) ;
- la construction de la Maison de l’Industrie à Limoges (2 millions d’euros) ;
- la réhabilitation du CFA Bâtiment de Chasseneuil sur Bonnieure (1,5 million d’euros) ;
- des travaux pour l’accueil des apprentis en situation de handicap du Lycée d’Ahun dans la Creuse (1,2 million d’euros) ;
- la construction d’un CFA sanitaire et social à Niort (1,3 million d’euros)
Des formations en danger
L’action de la Région a également permis de maintenir des formations de proximité à faible effectif et de soutenir des formations dans les secteurs en tension de recrutement.
Dorénavant ces formations sont menacées, purement et simplement, de disparition.
Parmi elles, on peut citer :
- le CAP Charpentier bois à Felletin dans la Creuse ;
- le Brevet professionnel de Bûcheron à Meymac en Corrèze ;
- le CAP Pâtissier à Loudun dans la Vienne ;
- le Bac professionnel Conduite de l’entreprise vitivinicole à Saint-Yzans-du-Médoc en Gironde.
Sans soutien public, ces formations de proximité pourraient être fragilisées, voire amenées à disparaître.
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